Custoza 1866-2016. Paysage après la bataille.

> Par Saletti, Carlo
   Historien, éditeur & metteur en scène
> Paru le : 28.12.2016

Durant la journée du 24 juin 1866, l’armée du royaume d’Italie affronta les troupes impériales autrichiennes sur les basses collines morainiques qui enserrent la partie méridionale du lac de Garde. 18 ans auparavant, l’armée de ce qui était alors le royaume de Piémont-Sardaigne avait combattu ce même ennemi sur ce même champ de bataille, essuyant une défaite.

Fondé à peine cinq ans plus tôt, le jeune royaume d’Italie a besoin de son « baptême du feu » : c’est ce que note Francesco Crispi, grand parlementaire ex-garibaldien, quelques jours avant le 20 juin, date de la déclaration de guerre adressée aux autorités militaires autrichiennes. Nous sommes au début de la campagne de 1866 considérée par la suite comme la troisième guerre d’in- dépendance de la nation italienne. Victor Emmanuel II de Savoie prend alors la tête de l’armée, fidèle au mythe du « roi guerrier », qui est en train de se créer autour de sa personne. Il croit ferme à la victoire. Cependant, les profonds désaccords qui divisent les responsables militaires italiens – opposant notamment le général Alfonso La Marmora à Enrico Cialdini – rendent impossible un commandement uni et finissent par fragmenter les forces, au départ bien supérieures à celles dont disposent les Autrichiens. Ainsi, cette journée qui devait voir le triomphe des Italiens se conclut par une retraite qui se révèle, dans les jours suivants, une défaite retentissante.

Comme tout champ de bataille, Custoza (la localité où s’est déroulée une grande partie de la bataille) devient un site d’inhumation abritant des fosses où gisent des morts la plupart du temps anonymes et, rapidement, un site mémoriel dédié au souvenir des soldats tombés au combat, souvenir qui s’exprime à travers quelques pierres et modestes monuments dus à des compagnons d’armes. On construira par la suite un grand ossuaire où seront rassemblées les dépouilles. Celui-ci domine toujours le paysage, transformant Custoza en un lieu de pèlerinage patriotique au cours des décennies suivantes.

Traduit de l’italien par Luba Jurgenson

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