Le Valle de los Caídos ou le franquisme pétrifié

> Par Rasson, Luc
   Université d'Anvers
> Paru le : 04.07.2018

Nous  sommes en janvier 1940. Le premier avril de l’année précédente, les armes se sont enfin tues dans l’Espagne exsangue. Le pays a été catapulté au Moyen Âge. Les gens ont faim. Les produits de première nécessité sont rationnés. Des centaines de milliers de républicains ont traversé la frontière française. Deux militaires quittent Madrid par la route qui mène à la Galice. Ils se dirigent vers les cimes du Guadarrama, dans les environs de El Escorial, le palais-couvent de Philippe II. Le premier s’appelle Francisco Franco, le second José Moscardó. J’essaie de sonder leur état d’esprit. J’imagine une grande euphorie, le sentiment d’avoir accompli quelque chose, d’incarner une nécessité historique. Le coup d’État de juillet 1936 a enfin été couronné de succès, au prix, certes, de plus d’un demi-million de morts. Franco, « Caudillo de España », est désormais le chef incontesté du pays. Le général Moscardó, pour sa part, est le héros de l’épopée de l’Alcazar de Tolède, qui deviendra un topos de la mythologie franquiste. Que viennent faire ces deux personnages dans la chaîne montagneuse qui se dresse au nord de Madrid ? Ils sont à la recherche de l’endroit idéal pour construire un monument à la gloire de ce qu’ils appellent la Croisade. Un monument qui rivalisera de grandeur avec le cadre impressionnant de la sierra et rappellera aux générations à venir le sacrifice de ceux qui donnèrent leur vie pour libérer le pays des forces dites « anti-espagnoles » – communisme, séparatisme, franc-maçonnerie.

On connaît le tropisme architectural d’Adolf Hitler. Les villes italiennes, pour leur part, sont marquées par le style fasciste. Mais le dictateur espagnol n’est guère associé à la   mégalomanie architecturale. À tort. Fernando Olmeda, dans son excellent ouvrage sur le Valle de los Caídos, signale que Franco aussi était passionné d’architecture (Olmeda, p. 33). N’était-il pas, comme l’écrivait le quotidien ABC le 4 avril 1940, « arquitecto de la patria » ? Pendant leur excursion en montagne, Franco et Moscardó tombent en arrêt devant le risco de la nava, un piton rocheux qui se dresse au lieudit de Cuelgamuros, à une dizaine de kilomètres du palais de Philippe II. Ils prennent des photos. J’ai eu en mains, dans une librairie d’occasion de El Escorial, la photo du rocher sur laquelle le dictateur dessina au crayon la croix qu’il souhaitait voir se dresser sur ces sommets, mais les 15 000 euros que le libraire demandait pour le document dépassaient de loin mon budget.

Le premier avril 1940 – premier anniversaire de la victoire –, Franco présente officiellement son projet. Après un repas au Palais royal de Madrid, le dictateur et son épouse se dirigent vers la vallée de Cuelgamuros où les attendent ministres, haut gradés de l’armée, dignitaires de l’Église, dirigeants de la FET y de las JONS – le parti phalangiste –, ainsi que les ambassadeurs d’Allemagne, d’Italie et du Portugal accompagnés de leurs épouses. Un colonel lit le décret, rédigé dans le style ampoulé du franquisme, qui ordonne la construction du mémorial : « La dimension de notre Croisade, les sacrifices héroïques que la victoire a exigés et l’importance qu’a eue cette épopée pour l’avenir de l’Espagne ne peuvent pas être commémorés par de simples monuments […]. Les pierres qui se dresseront doivent avoir la grandeur des monuments antiques qui lancent un défi au temps et à l’oubli […] pour que les générations futures rendent un tribut admiratif à ceux qui leur ont légué une  Espagne meilleure » (extrait cité, entre autres, par González Duro, p. 253, je traduis). Franco fait exploser une première charge symbolique de dynamite. L’inauguration devrait avoir lieu un an plus tard, le premier avril 1941. Voilà un pronostic bien optimiste. Le dictateur devra patienter pas moins de dix-huit ans avant d’inaugurer le mémorial que le dirigeant républicain en exil Indalecio Prieto qualifiera un jour de « pharaonique ».

la croix du Valle

La plus haute croix d’Europe © Luc Rasson

Qu’est-ce que le Valle de los Caídos ? C’est, pour commencer, une énorme basilique, creusée dans la roche à 1 300 m de hauteur. Sa longueur est de 262 m – elle est donc plus grande que Saint-Pierre de Rome. Aussi, afin de ne pas mettre en cause la prééminence romaine, seuls la nef et le transept sont-ils officiellement reconnus comme basilique. C’est la plus haute croix d’Europe, qui se dresse à 150 m au-dessus des sommets et qu’aperçoit sur sa gauche l’automobiliste empruntant, depuis la capitale, l’autoroute vers la Galice. Elle serait visible à une distance de 60 km. C’est un couvent de bénédictins. C’est une escolanía réputée – un internat où des garçons entre 8 et 14 ans apprennent aussi à chanter le grégorien. On y trouve la tombe de Franco, ainsi que celle de son compagnon de lutte et rival José Antonio Primo de Rivera, chef de la Falange. Morts le même jour, un 20 novembre, à 39 ans de distance, le premier est enterré derrière l’autel, le second devant. « La vallée de ceux qui sont morts à la guerre » est ensuite un ossuaire avec les restes de 33 387 soldats tombés lors de la guerre civile. Mais certains estiment que les huit cryptes qui bordent l’édifice contiendraient en réalité entre 40 000 et 45 000 restes de combattants (Linares & Manrique, p. 23). C’est un haut lieu du franquisme, un ensemble architectural clérical-fasciste que le Caudillo a eu l’idée brillante d’implanter au cœur de l’Espagne, afin de se rappeler au bon souvenir des générations suivantes. C’est aujourd’hui l’incarnation pétrifiée et inamovible de son régime, symptôme de la division des esprits : pour la droite, le monument exprimerait la réconciliation des deux Espagne sous le signe de la croix, puisque parmi les morts réunis dans l’ossuaire il y a aussi des républicains – même si leur nombre exact est inconnu ; pour la gauche, en revanche, le Valle est le vestige odieux d’un passé que le pays n’a pas réussi à surmonter, un hommage insoutenable et désormais inconvenant à quarante ans de dictature.

Dimanche 20 novembre 2015. Je quitte Madrid en direction du Valle de los Caídos. Ma présence en Espagne à c moment précis n’est pas due au hasard. Il y a exactement quarante ans, Franco s’éteignait enfin, après une interminable agonie. Il y aura une messe dans la basilique et je me demande si un hommage sera rendu au dictateur. En principe, cela ne devrait pas être le cas : la Ley de la memoria histórica de 2007 interdit en effet toute manifestation politique dans l’enceinte d monument qui fut, en son temps,  le haut lieu des rassemblements franquistes.

En attendant le début de la messe, à 11 heures, je flâne. L’ambiance est sereine. Pas d’uniformes, pas d’insignes phalangistes, pas de slogans politiques. Un public clairsemé, peut-être une cinquantaine de participants. La messe commence. Le prêtre met en avant des valeurs chrétiennes qu’on pourrait qualifier de progressistes : paix et solidarité. Mais il affirme aussi prier pour l’Espagne et pour l’unité du pays – ce qui peut s’avérer utile à un moment où s’accentuent les tendances séparatistes en Catalogne. Arrive la lecture de l’Évangile. Un extrait du premier livre des Maccabées. Le passage traite des événements après la mort d’Alexandre le Grand, lorsque son royaume tombé en morceaux fut divisé entre ses successeurs qui « multiplièrent les misères sur la terre » (1, 9). Se pourrait-il que les moines du Valle dénoncent ainsi, d’une façon subtile, la situation de l’Espagne depuis la mort du dictateur ? Le morcellement de l’empire d’Alexandre est-il une métaphore des tendances centrifuges que connaît l’Espagne démocratique ? La messe terminée, je me précipite vers l’autel. Autour de la pierre tombale de Franco, il y a déjà une petite foule. Des dizaines de personnes font le signe de la croix ou le salut fasciste et déposent des fleurs. Je ne suis pas le seul à avoir pensé à ce quarantième anniversaire. Je sors de la basilique et un jeune homme très BCBG m’accoste pour que je signe une pétition demandant qua la Phalange puisse participer aux élections. Pas de politique au Valle de los Caídos ?

Une chose est sûre, le Valle est source de controverses. Autour de lui se cristallise la division fondamentale qui, malgré quarante ans de démocratie, continue à scinder le pays. Le refus du monument qu’exprime la gauche est basé sur un triple argumentaire (pour un inventaire des arguments avancés par la gauche contre l’édifice, voir pa exemple le pamphlet de Calleja). Il fut érigé, pour commencer, afin de magnifier la victoire de ceux qui, tout en s’attaquant au régime légal, s’autoproclamèrent les nacionales. Il fut bâti, ensuite, par des prisonniers politiques   républicains dans des conditions atroces. Enfin, les cadavres de républicains y furent acheminés sans le consentement des familles, peut-être pour « remplir les trous » – car les familles franquistes ne consentirent pas toutes à transférer les dépouilles de leurs morts. Bref, ce mémorial gigantesque représente la face la plus sombre de l’histoire espagnole récente. Du côté de la droite et de l’extrême droite, en revanche, on entend toujours la même rengaine : le Valle de los Caídos est le monument de la réconciliation. C’est ce que me serine Pablo Linares, le président de l’« Association pour la défense du Valle de los Caídos », créée en 2009, lorsque je le rencontre en mars 2017 : « Mon grand-père était républicain. Il participa à la construction, en tant que détenu et ensuite en ouvrier libre. Ses convictions politiques ne l’empêchaient pas d’apprécier la dimension réconciliatrice du mémorial ». D’ailleurs, m’assure mon interlocuteur, lors d’une des nombreuses visites de Franco au chantier, celui-ci déclara, en présence du grand-père de Linares, à propos de la croix qui se dresse derrière l’autel : « Voici le Christ de la réconciliation que nous souhaitons tous pour le Valle de los Caídos ».

L’argumentaire des deux camps appelle des réserves. Ainsi, à propos des conditions de travail des détenus, il semble bien qu’une légende noire ait supplanté la réalité historique. Il n’y eut pas, comme on le lit parfois, des milliers, voire des dizaines de milliers de morts. Les comparaisons avec les camps de travail nazis sont abusives. Il n’y avait pas de mur d’enceinte, ni de barbelés. Les détenus recevaient leurs épouses qui, après quelque temps, s’installèrent sur le chantier. Il y eut des naissances, et les enfants allaient à l’école de l’instituteur Gonzalo de Córdoba. La nourriture était acceptable et de toute façon nettement meilleure que dans les prisons espagnoles surpeuplées de l’époque. Voilà qui explique pourquoi le système de la rédemption des peines connut un grand succès. À partir de 1942, les républicains emprisonnés eurent la possibilité de travailler au chantier et d’obtenir une réduction de leur peine, un jour de travail à Cuelgamuros équivalant à trois jours de prison1. Assurément, cela n’enlève rien au scandale premier qui consiste dans le fait que la seule faute de ces détenus était d’avoir défendu loyalement le gouvernement légal issu des élections de février 1936.

Cela dit, l’argument de la réconciliation avancé par les partisans de la nécropole n’est guère convaincant non plus. J’en veux pour preuve quelques extraits du discours prononcé par Franco lors de l’inauguration, le 1er avril 1959. En ce vingtième anniversaire de la victoire, le dictateur ne prend pas le mot « réconciliation » en bouche. Il ne ressent pas non plus le besoin de rappeler la cohabitation fraternelle, dans l’ossuaire, de soldats de son bord et de l’autre. « Notre guerre », affirme-t-il, « était plus qu’une guerre civile. Ce fut, comme l’avait dit le pape à l’époque, une véritable Croisade » – référence aux félicitations que lui adressa Pie XII le 1er avril 1939 pour sa « victoire catholique ». Et le dictateur de poursuivre sur sa lancée belliqueuse : « L’anti-Espagne a été vaincue, mais elle n’est pas morte On la voit souvent dresser la tête à l’étranger et tenter, dans sa superbe et dans son aveuglement, d’aiguillonner la curiosité innée de la jeunesse et sa prédilection pour le neuf ». Versant dans une théologie combative, Franco appelle à rester vigilant : « Le combat entre le bien et le ma ne cesse jamais, quand bien même la victoire fut grande. Il serait puéril de penser que le diable se soumet. Il trouvera de nouvelles ruses et de nouveaux déguisements » (cité par Olmeda, p. 239-247, je traduis). Ce discours d’avril 1959 montre que, vingt ans après avoir écrasé les troupes républicaines, le dictateur continue à penser dans les termes manichéens de la guerre civile – et cela à un moment où le pays désormais stabilisé est fermement ancré dans le camp occidental.

J’ai eu l’occasion de soumettre ces extraits à Pablo Linares, que j’ai déjà cité, ainsi qu’à Alberto Bárcena, auteur du livre consacré au système de la rédemption des peines. Je ne trahis pas de secret en disant qu’ils se situent tous les deux à l’extrême droite du spectre politique. Bárcena de façon militante – tout le monde peut voir sur YouTube les vidéos où il vitupère contre la franc-maçonnerie et la « théorie du genre » – et Linares de façon habile, en se retranchant derrière un discours plus subtil de dépassement des clivages politiques. Mais tous deux tentent de me convaincre de la signification profondément réconciliatrice du Valle de los Caídos. Linares concède que le discours d’inauguration de Franco pose un problème. « Mais, ajoute-t-il, il faut comprendre que le public présent à l’inauguration était composé de franquistes exaltés. Il y avait entre autres les alféreces provisionales, les jeunes officiers volontaires réputés pour leur fanatisme ». L’argument ne me convainc pas, car le public avait bien sûr été trié sur le volet. À part les 8 000 alféreces, il y avait 2 000 invités dont la plupart avaient un lien avec des soldats morts à la guerre, du côté « national ». Si l’on n’invite que des franquistes endurcis, il est difficile d’invoquer ce fait comme excuse pour la rhétorique combative d’un discours de guerre civile. D’ailleurs,  si Franco avait vraiment été habité par un esprit de réconciliation, il aurait pu le manifester à cette occasion-là, face à ce public et le geste eût marqué les esprits. Il ne l’a pas fait. Alberto Bárcena, pour sa part, ne prend pas la peine d’esquiver la contradiction : « Franco a une vision théologique de l’histoire. À la façon de saint Augustin, il oppose la cité divine à la cité terrestre ou la ‟civitas diaboli”. Il faut comprendre que le communisme et la franc-maçonnerie sont les ennemis de toujours de l’Espagne. Mais il s’adresse au monde entier. Pour lui, à ce moment-là, l’ennemi est double : les démocraties anglo-saxonnes où les francs-maçons ont le pouvoir et le bloc communiste ». Ainsi, tout en continuant à souligner lui aussi la dimension conciliatrice du monument, Alberto Bárcena ne fait que confirmer les prémisses idéologiques du dictateur. Mais pourquoi parler de « conciliation » quand on est à ce point convaincu de la nocivité de l’ennemi ?

l'ossuaire du Valle - photo rare donnee par Pablo Linares

État de l’ossuaire © Luc Rasson

Pour Fernando Olmeda,  le Valle de los Caídos, c’est le « fascisme transformé en paysage » (« El Valle de los Caídos, ejemplo de fascismo hecho paisaje », p. 347). Ce n’est pas un hasard si Franco avait d’abord pensé, pour la statuaire imposante qui orne l’édifice, au sculpteur nazi Arno Breker. Que faire, en ce début du XXIe siècle, de cette météorite venue du passé qui glorifie les valeurs cléricales et fascistes ? Certains commentateurs n’y vont pas de main morte : ils proposent tout simplement de raser l’ensemble. C’est le cas, entre autres, de l’écrivain Jorge Reverte dans un article publié dans El País le 3 avril 2016 et intitulé de façon comminatoire « Políticas de dinamita ». L’actuelle maire de Madrid, Manuela Carmena, pour sa part, constate que le monument est inamovible et qu’il importe dès lors de le réinterpréter en lui injectant de nouvelles valeurs. Réinterprétation qui exige un changement de nom : elle propose celui de « Vallée de la paix »2. En 2011, une commission d’experts réunie par le gouvernement Zapatero proposa des mesures concrètes : construire sur l’esplanade une oeuvre d’art avec les noms de tous les morts enterrés dans la nécropole – à l’exemple du mémorial de la guerre du Vietnam à Washington ; restaurer l’ossuaire – qui est aujourd’hui dans un état déplorable ; créer un centre d’interprétation où serait racontée l’histoire de la guerre civile et de la construction du monument ; rendre, enfin, la dépouille de Franco à sa famille, puisqu’il est le seul mort dans l’enceinte à ne pas être tombé pendant la guerre. Dernier épisode en date dans les escarmouches politiques autour du mémorial : le 11 mai 2017, la Chambre des députés vota, à l’initiative du Parti socialiste, une proposition de loi demandant l’exhumation de la dépouille de Franco. Décision non contraignante, certes, mais symbolique, car c’est la première fois qu’une majorité des Cortes recommande le transfert de la dépouille de l’ancien dictateur.

Fernando Olmeda est lui aussi partisan d’une réinterprétation. Cependant, lorsque je le rencontre à Madrid en mars 2017, il est sceptique. Il pense que rien ne changera, à cause de l’inertie du Partido Popular qui, depuis que la « Ley de la memoria histórica » a été promulguée, fait tout pour entraver son application. Ce scepticisme ne l’empêche pas, cependant, comme il dit, de « rêver » : « Il faut infléchir la signification symbolique du Valle. Il faut en faire un lieu de mémoire où tout le monde se reconnaisse, où l’on raconte une histoire non partisane. Ce qu’il y a de pire, c’est l’inaction ». Certes, mais je crains que l’Espagne n’en soit pas encore là. L’Allemagne, on le sait, a réussi sa Vergangenheitsbewältigung. Buchenwald et Dachau sont aujourd’hui des lieux de mémoire où est interprétée et contextualisée l’entreprise criminelle nazie. Le Zeppelinfeld à Nuremberg, où se tenaient les célébrations annuelles du parti national-socialiste, est désormais flanqué d’un centre de documentation où l’exposition permanente « Fascination et violence » montre au visiteur les origines, le contexte et les conséquences du régime hitlérien. L’Espagne, cependant, ne semble pas encore mûre pour une telle approche. La raison en est simple : si Hitler suscite aujourd’hui en Allemagne la réprobation générale, il n’en va pas de même pour Franco en Espagne. Nombreux sont ceux qui dressent un bilan positif des années de la dictature, comme en témoigne une florissante historiographie néo-franquiste mettant en valeur les réalisations du régime3. Ce qui est sûr, c’est que la croix du Valle de los Caídos continuera à dominer la sierra de Guadarrama et, depuis l’ossuaire tombant en ruine, les 33 387 morts ne cesseront de confronter les Espagnols à un passé qui, malgré quarante ans de démocratie, continue à diviser les esprits.

BIBLIOGRAPHIE

Bárcena, Alberto, 2015, Los Presos del Valle de los Caídos, Madrid, Ediciones San Roman.

Calleja, José María, 2009, El Valle de los Caídos, Madrid, Espasa Calpe.

González Duro, Enrique, 2000, Franco. Una biografía psicológica, 1992, Madrid, Ediciones Temas de hoy.

Linares Clemente, Pablo & Manrique García, José María, 2011, El Valle de los Caídos. Crónica de una persecución salvaje, Valladolid, Galland Books.

Olmeda, Fernando, 2009, El Valle de los Caídos. Una memoria de España, Barcelona, Ediciones Península.

Reverte, Jorge, 2016, « Políticas de dinamita », El País, 3 avril, https://elpais.com/elpais/2016/04/03/opinion/1459712995_747163.html.

Sueiro, Daniel, 1976, La Verdadera historia del Valle de los Caídos, Madrid, Ediciones Sedmay.

1 Sur les conditions de travail, voir, à part le livre cité d’Olmeda, celui de Sueiro, le premier ouvrage publié sur l’histoire du Valle. Pour le système de la rédemption  des peines, voir l’enquête sérieuse mais très marquée politiquement de Bárcena.

2 Voir http://www.eldiario.es/politica/Manuela-Carmena-Valle-Caidos-Paz_0_500450888.html.

3 Voir par exemple les ouvrages de César Vidal ou de l’ancien militant d’extrême gauche Pío Moa et, en dehors de l’Espagne, les travaux de l’historien américain Stanley Payne.

Publié dans Mémoires en jeu, n°5, décembre 2017, p. 114-117