Raef Zreik, Van Leer Jerusalem Institute, The Academic of Tel Aviv-Yaffo, Ono Academic College
Cet essai interroge le concept d’autodéfense tel qu’il est utilisé par Israël dans le contexte de l’occupation continue des territoires palestiniens. Raef Zreik explore l’évolution de la résistance palestinienne — violente et non violente — sur fond de transformations politiques, juridiques et discursives depuis la première Intifada. Il analyse comment les Accords d’Oslo ont neutralisé la légitimité de la résistance en la qualifiant de terroriste, tout en permettant à Israël de continuer à recourir à la force de manière étendue sous couvert d’autodéfense. Zreik pose la question suivante : Quel est le « soi » dans l’autodéfense ? et soutient que le « soi » israélien se constitue précisément à travers les actes d’expansion. La logique coloniale de guerre permanente transforme ainsi l’autodéfense en un mécanisme de dépossession continue. Il critique en outre la division du raisonnement juridique entre arguments de « premier ordre » (justice historique) et de « second ordre » (conduite actuelle), qui permet la normalisation de l’occupation. Enfin, l’essai affirme la nécessité éthique et politique de reconnaître la résistance palestinienne comme une réponse à la colonisation, tout en appelant à des formes de lutte qui préservent la possibilité d’une coexistence future. Il s’agit d’un plaidoyer pour l’autoréflexion critique, l’imagination politique et le démantèlement de la suprématie sans effacement.
Mots-clés : Israël/Palestine, autodéfense, résistance palestinienne, sionisme, droit international, décolonisation, violence légitime