Photo & texte : Camille Claude
Le camp de Gurs a été construit dans le Sud-Ouest de la France tout près des Pyrénées par le gouvernement d’Édouard Daladier. Il entre en fonction en mars 1939 pour qu’y soient internés celles et ceux qui fuient l’Espagne franquiste (civils opposés à la dictature, militants, soldats de l’armée de la République, combattants notamment des Brigades internationales). Avec la Seconde Guerre mondiale, il est converti en camp d’internement pour tout ressortissant des pays en guerre contre la France et pour les communistes. Y sont également internés des Tsiganes, des Basques, des civils réfractaires. Avec ses 382 baraques, Gurs est non seulement le camp le plus important de tous ceux qui ont été ouverts en France, mais aussi celui où la mortalité a été la plus élevée. Sur les 60 659 personnes qui s’y retrouvent assignées jusqu’à la Libération, 1 072 y meurent de maladie.
Du 1er septembre 1940 au 25 août 1944, des Juifs étrangers y sont retenus. Au total, 18.185 hommes, femmes et enfants internés en raison de l’antisémitisme d’État pratiqué par le régime de Vichy. Ils seront systématiquement déportés vers Auschwitz à partir de 19421. En effet, du 22 au 25 octobre 1940, les Juifs résidant dans les Länder de Bade, de la Sarre et du Palatinat sont brutalement expulsés vers la France, en zone libre, dans le cadre de l’« opération Bürckel ». C’est le seul cas de déplacement forcé vers l’Ouest par les nazis. Le gouvernement de Vichy en dirige alors 6.538 vers le camp de Gurs. Environ 700 d’entre eux parviennent à s’enfuir vers l’Espagne pour rejoindre l’Afrique du Nord ou les États-Unis, et près de 2.000 obtiennent des visas qui leur permettent d’émigrer et de se mettre à l’abri des persécutions antisémites. Les conditions de vie et notamment de soin étant très difficiles, 800 d’entre eux décèdent du typhus et de la dysenterie dès le premier hiver, et 238 ensuite. À partir de 1942, 3 900 Juifs dont 38 enfants sont déportés vers les centres de mise à mort SS en Pologne.
Dans le cadre de la constitution d’un réseau des lieux de mémoire de la Shoah en France2, la Fondation pour la Mémoire de la Shoah a apporté son soutien aux aménagements réalisés sur le site de l’ancien camp de Gurs dans les Pyrénées-Atlantiques. Inaugurées en septembre 2007, ces installations accueillent le grand public et les scolaires.3















Peu après la fondation de la ville de Bade-Durlach en 1715, une communauté juive s’y établit. Ses membres contribuèrent de manière significative à l’essor économique de Karlsruhe. Le nombre d’habitants juifs a atteint son maximum vers 1925 avec 3 386 personnes (2,3 % de la population). Pendant le pogrom de novembre 1938, les nazis détruisent les lieux de culte des deux communautés juives de Karlsruhe. Le 22 octobre 1940, environ 900 des 1 375 Juifs vivant à Karlsruhe ont été déportés à Gurs, où une grande partie d’entre eux ont succombé aux rigueurs de la vie dans le camp, notamment pendant les mois d’hiver 1940-1941. D’autres furent déportés à partir d’août 1942 de Gurs vers les centres de mise à mort de l’Est où ils furent assassinés. Après 1945, une nouvelle communauté juive fut fondée à Karlsruhe. En 1971, elle inaugura son centre communautaire avec une synagogue dans la Knielinger-Allee.
https://www.mahnmal-neckarzimmern.de/gedenksteine/karlsruhe
Notes :
1https://campgurs.com
2 https://www.fondationshoah.org/memoire/reseau-des-lieux-de-memoire-de-la-shoah
3 https://www.fondationshoah.org/lieux-de-memoire/memorial-du-camp-de-gurs