Mémoires en guerre

Paru le : 08.01.2024

Conférence prononcée le 13 octobre 2022 au Centre de Cultura i Memòria de Barcelone

 

This text addresses two very different cases of collective memory. On the one hand, the official memory developed by Putin to justify his imperial project and mobilize the Russian people. On the other hand, the memories in Poland or Romania that largely justify the unprecedented spontaneous reception of Ukrainian refugees by the population. In both cases, the memories of the Great Russia, the Cold War and the collapse of the USSR were decisive.

 

 

Vous nous avez proposé de réfléchir aux mémoires que la guerre fait émerger en Ukraine. Pas facile à cerner. Je me limiterai à deux cas très différents de mémoires collectives. La mémoire officielle construite de longue date par Poutine pour justifier son projet impérial et mobiliser le peuple russe.

Et celles en Pologne ou en Roumanie qui justifient en grande partie l’accueil spontané sans précédent des réfugiés ukrainiens par la population. Dans les deux cas, les mémoires de la Grande Russie, de la Guerre froide et de l’effondrement de l’Urss ont été décisives.

 

 

MÉMOIRE OFFICIELLE

Dès sa conquête du pouvoir en 2000, Vladimir Poutine a entrepris de construire un nouveau récit national. « La principale ressource de la puissance et de l’avenir de la Russie réside dans notre mémoire historique », a-t-il dit en 2013. Profitant du désarroi de la population et de sa crise identitaire, il s’est fait le chantre d’une histoire qui voulait rendre sa fierté à un peuple humilié. Il s’est érigé en historien à longueur de discours, il a façonné et inculqué une mémoire officielle, inscrite depuis 2020 dans la constitution russe (art. 67.1).

L’historien Nicolas Werth qui cite ces faits, a décrit en détail le processus qui culmine dans une « guerre mémorielle » avec l’Ukraine à partir de la « révolution de l’EuroMaïdan » (2014), laquelle s’est transformée depuis en guerre tout court (Werth, 2022). Il montre comment l’insistance sur la « Grande guerre patriotique » (1941-1945) totalement mythifiée – avec l’héroïsme du peuple « essentialisé » – est accompagnée d’une « exégèse présidentielle » des périodes embarrassantes, et comment cela produit des révisions historiques.

C’est le cas pour la grande famine des années trente (Holodomor, 4 millions de morts) perpétuée par le régime stalinien. Elle est le point de référence de la mémoire des Ukrainiens, dont le Parlement a voté la qualification de génocide le 28 novembre 2006 (le Parlement européen reconnaît qu’il y a eu génocide le 15 décembre 2022). Toutefois, la question reste ouverte pour beaucoup d’historiens compte tenu de « la diversité ethnique des groupes de victimes et la difficulté à démontrer une claire intention d’extermination de la part du dictateur » (Martin, 2012). Pour Poutine, ce vote est « une grossière provocation antirusse » car il remet en cause l’idée d’une « tragédie commune des peuples soviétiques ». Sur ce point, il est rejoint par Alexandre Soljenitsyne, qui s’est tout de suite élevé contre la tentative par Kiev de « brouiller des peuples frères », surpassant dans sa propagande « les plus audacieuses insinuations de l’agitprop bolchevique » (ibid.).

De même pour le pacte germano-soviétique (1939-1941) avec son protocole secret de partage des territoires occupés (Pays baltes, Pologne). Les réponses de Poutine renouent avec l’histoire stalinienne. Il reprend l’argument de Staline en 1939 selon lequel les occupations des Pays baltes et de l’Est de la Pologne par l’Armée rouge visaient à protéger ces pays abandonnés par leurs alliés.

Et à tout cela, « l’historien en chef » oppose la collaboration, entre 1941-1944, de nationalistes ukrainiens devenus supplétifs des nazis, masquant les tractations de Staline avec Hitler en vue de satisfaire sa volonté de conquêtes. En fait, précise Werth, cela lui permet d’exagérer le rôle (très minoritaire), sur la place Maïdan en 2014, de groupuscules se réclamant de ces nationalistes. Il y voit la preuve d’une volonté des Ukrainiens de perpétrer un génocide de la minorité russe de l’Ukraine. Lors de son discours du 21 février 2022, il a étendu ce projet génocidaire à toute l’Ukraine, en déclarant : « J’ai pris la décision de mener une opération militaire spéciale. Son but est de protéger les personnes qui ont été soumises à des abus, à un génocide par le régime de Kiev depuis huit ans. À cette fin, nous chercherons à démilitariser et à dénazifier l’Ukraine. »

Ces « exégèses » servent de prétextes à une idéologie belliqueuse, guerrière. Elles structurent une « culture de guerre ». Elles ont probablement un écho dans la mémoire collective russe de la Seconde Guerre mondiale, mémoire douloureuse que flatte Poutine lorsqu’il dénonce « la russophobie multiséculaire » de l’Occident : « Ils ne peuvent pas accepter qu’il existe […] un peuple qui ne sait pas se soumettre », concluait-il dans son discours du 30 septembre 2022.

La mémoire officielle est longtemps entrée en résonance avec celle de la population permettant son soutien incontestable durant les premières phases de la guerre. Werth le souligne : « le nouveau récit national […]’ n’a pas uniquement été imposé d’en haut, par des mesures autoritaires incluant des atteintes de plus en plus graves aux droits humains. Il a incontestablement répondu aux attentes d’une société désorientée qui avait perdu tous les repères à la suite de l’effondrement du système soviétique. » (Werth, p. 7-8)

Après six mois de guerre, des signes ou des indices comme des manifestations ou le départ de nombreux Russes laissent entendre qu’une partie de la population n’y croit plus, et que l’adhésion se fragilise. Il est cependant trop tôt pour en mesurer l’ampleur réelle et les conséquences.

En revanche, il est intéressant de noter que d’autres lectures du passé sont portées par ces récalcitrants. Notamment les mémoires de la violence et des répressions du stalinisme, qui peuvent tout autant agir dans la société et, si elles trouvent des relais, provoquer d’autres conflits internes. Parmi les témoignages de plus en plus nombreux, rapportés par la presse, de ceux qui fuient leur pays, on entend un autre mémoire de la période soviétique. Une femme parmi tant d’autres assure : « La motivation de notre départ n’était pas économique – en Russie, on peut gagner de l’argent –, mais bien politique, le sentiment que l’on revenait en Union soviétique, les violations des droits de l’homme, les valeurs qui n’existent plus en Russie comme la sécurité, la possibilité de faire confiance à la police, à la justice, le respect des droits des LGBT, même si je ne le suis pas, tout ça, c’est important pour moi. Comment vous expliquer ? Je veux pouvoir m’exprimer, sur les réseaux sociaux ou ailleurs1. »

La mémoire de guerre va-t-elle donner lieu à une guerre mémorielle en Russie même ?

 

 

MÉMOIRE SOLIDAIRE

L’extraordinaire mobilisation de la population polonaise pour l’accueil des millions de réfugiés ukrainiens qui se présentaient à leurs frontières dès l’attaque russe en février 2022 a étonné les observateurs étrangers. Elle contraste avec les discours du gouvernement et les attitudes polonaises en 2015, lors de la crise précédente, lorsque l’Union européenne envisageait d’organiser l’accueil des réfugiés syriens sur la base d’une répartition entre États membres par quota. Non seulement le gouvernement polonais s’y était opposé mais il avait réuni ses alliés dans la région (Hongrie, Tchéquie, Slovaquie) pour bloquer ce projet au Conseil européen.

Pourquoi un tel décalage ? En 2015 il s’agissait de recevoir sur un an quelques centaines de milliers de personnes, tandis qu’en 2022, près de cinq millions de réfugiés ont franchi la frontière en quelques semaines ; et près de deux millions (dont 800 000 logés chez l’habitant) encore en Pologne, en ce moment.

Plusieurs explications ont été évoquées : la situation géographique (voisins), la proximité culturelle (peuples slaves) ou les meilleures conditions politiques (gouvernement polonais contre la guerre). Ce n’est pas faux, mais pas forcément l’essentiel.

Il suffit de comparer l’accueil des Ukrainiens dans toute la région avec le blocage, au même moment, par les gardes-frontières polonais des réfugiés afghans ou syriens qui se présentent à la frontière polono-biélorusse (depuis un an, suite à une manipulation de Loukachenko). Dans les deux cas, la peur est certainement à l’origine de l’émotion provoquée par la situation, mais ce n’est pas la même peur.

Depuis 2015, la politique de fermeture des frontières des États du « groupe de Visegrád » était soutenue par leurs opinions. Les associations et bénévoles, notamment les médecins qui se mobilisaient pour aider les « migrants » réussissant à traverser la frontière, étaient souvent arrêtés par la police et condamnés à des amendes tandis que les gouvernants attisaient les peurs en assimilant ces réfugiés à des djihadistes islamistes. Au point que les sondages témoignaient de fortes angoisses alors que dans les années 1990 ils donnaient généralement des majorités des popu- lations ouvertes à l’accueil (de Tchéchènes en Pologne, par exemple). C’est au cours des années 2010 que la peur du migrant a pris le dessus. Elle ne s’appuie pas sur une expérience vécue, plutôt sur une connaissance virtuelle relayée depuis le 11 septembre et les guerres en ex-Yougoslavie, en Afghanistan ou en Syrie, par les médias sociaux ou non. Une mémoire mondialisée.

À l’inverse, les réfugiés ukrainiens sont accueillis par des populations très mobilisées, dans les villes et villages, dans les familles. Le premier mois, la Pologne approche le million, la Hongrie les 200 000, la Roumanie les 100 000, un peu plus dans la petite Moldavie. Dès le début, j’ai enquêté sur les raisons de cette grande vague de solidarité. Voici deux exemples. De Roumanie, une amie m’a écrit pour me décrire cette situation irréelle les premiers jours : « Je crois qu’il y a une grande motivation issue de l’expérience commune du communisme (racontée aux jeunes), mais aussi par le sentiment que nous, les Roumains, nous avons eu la chance d’entrer dans l’EU et l’OTAN. Une fraternité qui vient de l’Histoire. La peur de la Russie, est mainte- nant plus forte que jamais. » Elle me décrit les initiatives : « Il y a une multitude de gestes privés, des patrons d’hôtels ouvrent leurs établissements, les doyens des facultés accueillent dans les locaux universitaires, des gens mettent leurs maisons à disposition, récoltent des habits et de la nourriture. Jusqu’aux monastères, la plupart orthodoxes ou gréco-catholiques, qui s’ouvrent. Beaucoup d’étudiants étrangers partis de Kharkov pour retourner en Inde ou au Bangladesh ont été hébergées dans des salles de sport et des écoles de localités près de Bucarest. » Plus profondément, m’écrit-elle, on assiste à une « grande émotion » populaire. Avant la guerre, certains critiquaient l’Ukraine pour ne pas respecter les droits de la minorité roumaine. Depuis le 24 février, « seuls les politiciens nationalistes en parlent. En revanche, dès les premiers jours, des ONG, des simples gens, des maires des localités proches de la frontière commune, se sont précipités pour accueillir les réfugiés, surtout des femmes et des enfants. Ils les attendaient avec des plats chauds et du thé, des habits pour le froid, et aussi des propo- sitions de logements. C’est une situation totalement inédite. Une grande émotion qui est d’autant plus forte qu’elle fait écho à une expérience de deux siècles de souffrances apportées par l’armée russe. Les gens sont bien informés par internet et par les télévisions sur le conflit, les politologues avaient pronostiqué la guerre depuis quelques mois. »

En Pologne, constatant une mobilisation et une ambiance toutes aussi spontanées, je me suis demandé quels étaient les réseaux à la pointe des collectes ou des navettes avec la frontière ukrainienne. Je retrouvais les structures et militants qui s’étaient mobilisés en solidarité avec les réfugiés bloqués à la frontière biélorusse, mais aussi ceux qui depuis des années sont actifs pour le droit à l’IVG ou pour la mémoire juive et de la Shoah, ou encore les féministes et le mouvement « La grève des femmes », les défenseurs de la justice et de la constitution contre les nationalistes au pouvoir (PiS), avec une frange très importante de la jeunesse. En fait, toutes les couches de la société se réveillaient comme pour exorciser leurs peurs. Un sondage paru dans la presse (Rszeczpospolita, 1 mars 2022), résumait ces sentiments : 78% des sondés déclaraient avoir peur de la guerre, pour 65% la principale crainte était « la violation directe de la sécurité et de la frontière de la Pologne », 47% que la Pologne tombe dans la sphère d’influence russe, 38,8% « un changement complet des rapports de forces et frontières en Europe sous domination russe. » Parallèlement, le même journal remarquait que le nombre de volontaires à s’engager dans l’armée polonaise avait triplé en quelques jours.

Dans ces pays et dans toute la région, en Slovaquie, en Moldavie et bien sûr en Hongrie, se manifeste d’abord une conscience de l’enjeu de la situation. Elle tient évidemment à l’expérience historique des relations avec le « grand frère » russe, plus exactement avec l’empire russe puis soviétique. Une mémoire profonde qui rappelle des occupations, des partages, des pillages et des soumissions. Et craindre que son pays puisse retomber sous la domination russe n’a rien d’abstrait.

Ces deux peurs, celle du réfugié islamiste et celle de la Russie impériale, renvoient à des mémoires différentes. La première peur est en grand partie figée par une information-communication-propagande mondialisée, relayée par les réseaux sociaux et l’appareil de propagande des gouvernements nationalistes, la seconde provient d’une expérience historique de plus de deux siècles, expérience toujours douloureuse, comprenant de nombreuses questions non élucidées.

 

LA CULTURE DE LA HAINE

Je pourrais encore citer les jeux de mémoires dans les relations internationales. Les exemples sont légions. Pour s’en tenir à la guerre en Ukraine, nous avons déjà vu comment la révision de l’Histoire promeut une mémoire officielle mensongère. Dans le détail ça donne une prolifération de mensonges humiliants et blessants pour la partie adverse, qui appellent rectification ou vengeance dans un climat de peur. Et c’est la haine qui prime. Annoncer à longueur de discours que l’on va « dénazifier » l’Ukraine gouvernée par des néo-nazis est perçu comme un projet d’extermination. D’ailleurs, Timofeï Sergueïtsev, un des idéologues de Poutine, le dit clairement : « Les nazis qui ont pris les armes doivent être détruits autant que possible sur le champ de bataille. […] Les criminels de guerre et les nazis actifs doivent être punis de manière exemplaire. Il faut procéder à un nettoyage total2. » D’autres appelaient à la « guerre sainte ».

Du côté ukrainien, ce discours, mis en pratique par des tirs de missile, l’occupation militaire du territoire et des crimes de guerres, a pour effet une détermination exceptionnelle des combattants, mais également une russophobie quasiment inévitable, avec des décisions contestables comme le refus de pratiquer la langue russe ou la fermeture des frontières aux Russes contestataires. Cette hostilité n’a évidemment rien à voir avec la haine de Poutine et de ses sbires, ce qui ne l’empêche pas d’enraciner pour très longtemps une mémoire hostile de l’autre, voisin de toute façon.

Un autre exemple, à propos des relations internationales : le « campisme » hérité de la Guerre froide. Poutine tente de prendre la tête d’un camp anti-américain et contre l’OTAN, ce qu’il appelle l’Occident, en se postant en porte-parole du « Sud global ». Cette posture diplomatique ne lui réussit guère même si, en Afrique particulièrement, il obtient quelques bons résultats. On peut voir dans cette orientation une tentative de réveiller la mémoire d’une autre époque, lorsque l’Urss se voulait (bien timidement) défenseur du camp anti-impérialiste au nom de la paix (guerre au Vietnam, lutte contre l’Apartheid, soutien aux Palestiniens contre Israël, etc.). Elle pouvait également capter la sympathie d’une grande partie de la gauche occidentale ou latino-américaine. Pour retrouver cela, Poutine invente le complot de l’OTAN qui s’apprêterait à détruire la Russie. Lors de son discours de septembre 2022, avant de signer l’annexion de quatre provinces ukrainienne, il développe des thèmes qui sont censés parler à gauche : « L’Occident est prêt à tout pour maintenir le système néocolonial qui lui permet de vivre en parasite et de piller le monde entier », « Ils veulent nous voir comme une colonie. » Il dénonce « une hégémonie qui porte la marque du totalitarisme, du despotisme et de l’apartheid ». [Je souligne]

La mémoire anti-impérialiste, les souvenirs du colonialisme sont très vifs dans nombre de pays de ce qu’il appelle le Sud global. Certains ont pu être séduits par le discours contre l’OTAN, ou plus simplement le justifier par la défense d’intérêts face aux sanctions américaines et européennes. Toutefois, la haine qui s’empare dorénavant de la diplomatie russe, l’isole de plus en plus (cf. l’évolution des votes à l’ONU). Le réservoir mémoriel de Poutine peut aussi s’assécher.

 

Finalement, en m’interrogeant sur les mémoires qui émergent dans cette guerre, j’en arrive à un constat : l’agresseur tire parti des traumatismes passés et des mémoires souvent douloureuses dans cette région, pour mobiliser son peuple et des alliés, il convoque des émotions réelles et ça peut marcher. Mais il n’est pas certain que la guerre renforce sa démarche. L’évolution du conflit sur le terrain, avec la multiplication de crimes de guerre, et ses conséquences concrètes sur la vie des familles (surtout après la mobilisation de septembre) peuvent réveiller des mémoires hostiles qui soudent ses adversaires. Moralité : il n’est pas si simple de manipuler les mémoires en temps de guerre. Se souvenir de la guerre passée dans une guerre actuelle, mobilise des affects, voire des passions, une puissance émotionnelle qu’il ne faut pas sous-estimer : peur, haine, puissance des mots et des images, impression de déjà-vu, de revivre le passé, retour sur des revendications non satisfaites. Ce qui exacerbe les guerres de mémoires, et les désirs de vengeances. ❚

Barcelone, le 13 octobre 2022

 

 

ŒUVRES CITÉES

Werth, Nicolas, 2022, Poutine historien en chef, Paris, Gallimard.

Martin, Barbara, 2012, « Le Holodomor dans les relations russo- ukrainiennes (2005-2010). Guerre des mémoires, guerre des identités », in Relations internationales, n° 150, 2012/2.

 

1 Tatiana Chouvilchikova (psychologue), citée par Isabelle Mandraud dans sa grande enquête « Cent ans après la révolution bolchevique, le nouvel exode russe », in Le Monde, 2-3 octobre 2022.

 

2 Timofeï Sergueïtsev détaille longuement : « Toutes les organisations qui se sont liées à la pratique du nazisme doivent être éliminées et interdites. Cependant, en plus des hauts gradés, une partie importante des masses populaires qui sont des nazis passifs, des collaborateurs du nazisme, sont également coupables. Ils ont soutenu le gouvernement nazi et se sont montrés indulgents à son égard.
[…] La dénazification ultérieure de cette masse de la population consiste en une rééducation, qui est réalisée par une répression idéologique des attitudes nazies et une censure sévère : non seulement dans la sphère politique, mais nécessairement aussi dans la sphère de la culture et de l’éducation. […] La dénazification ne peut être effectuée que par le vainqueur, ce qui suppose son contrôle inconditionnel
du processus de dénazification et le pouvoir d’assurer ce contrôle. À ce titre, le pays dénazifié ne peut être souverain. […] La durée de la dénazification ne peut en aucun cas être inférieure à une génération. » https://clio-texte.clionautes.org/ concept-denazification-ukraine-selon-timofei-sergueitsev.html