Paris. Station Saint-Marcel. Sortie vers la rue des Wallons. 12 mars 2026. 11.45
On ne lit pas tout ce qui est collé sur les murs du métro, mais cette affiche, pour être déchirée, l’a été attentivement. Dans un couloir de métro, on entre, on sort, on arrache. Pas n’importe quoi. L’intention de cet acte va au-delà du vandalisme antisémite et du semblant d’impulsivité que lui confère le geste de la déchirure. Il touche les vivants et les morts, le présent, l’histoire et leur mémoire. Quelles que soient ses orientations politiques et peut-être n’en avait-elle même pas, la personne a agi en connaissance de cause. Ce n’est pas l’ensemble de l’affiche qu’elle visait. On y lit encore : « exposition », « sœurs et moi ». On voit le visage de Simone Veil devenant témoin, malgré elle, de l’arrachage de son propre nom. Il en est de même du logo du Mémorial de la Shoah sur lequel c’est surtout « Shoah » qui est biffé. Il reste comme un « Mémo… », en bas à droite. Supprimer ces deux noms, « Simone Veil », « Shoah », qui ne sont pas seulement des noms, n’est pas une marque anodine de violence antisémite. Le geste réel qui les rend illisibles a une lourde portée symbolique : il cherche à les effacer, non seulement de l’espace public, mais de l’histoire même et, par-là, à effacer leur histoire avec.
Critical Theories of Antisemitism Concepts, Challenges and Emerging Research Agendas
18-20 juin 2026
Campus Condorcet. Aubervilliers
Depuis plusieurs décennies, les théories critiques de la société ont relégué l’antisémitisme contemporain à la marge. Souvent considéré comme « non systémique » ou « résiduel », et associé principalement au passé, l’antisémitisme semble échapper aux cadres traditionnels de la critique sociale et politique. Dans la recherche universitaire, les efforts visant à relier l’étude de l’antisémitisme à l’analyse d’autres formes de domination et d’altérisation restent limités. Cette conférence internationale vise à dépasser cette situation et à réintégrer pleinement la question de l’antisémitisme dans la théorie critique contemporaine.
ARRAC (Association de Recherche-action sur les Racismes et l’Antisémitisme Contemporains), en collaboration avec le PIRA (Plateforme Internationale sur le Racisme et l’Antisémitisme)
For several decades, critical theories of society have relegated contemporary antisemitism to the margins. Often regarded as “non-systemic” or “residual,” and associated primarily with the past, antisemitism appears to elude the traditional frameworks of social and political critique. In academic research, efforts to connect the study of antisemitism with analyses of other forms of domination and othering remain limited. This international conference aims to move beyond this situation and to fully reintegrate the question of antisemitism into contemporary critical theory
Exposer la violence : premières expositions sur l’occupation nazie en Europe, 1945-1948
Exposition « Gewalt austellen: Erste Austellungen zur NS-Besatzung in Europa, 1945-1948 », au Deutsches Historisches Museum de Berlin
À peu près au moment où le musée Picasso clôturait à Paris son exposition consacrée à l’art « dégénéré », sous-titrée « le procès de l’art moderne sous le nazisme » (Popelard), le musée historique allemand (Deutsches Historisches Museum) inaugurait la sienne à Berlin consacrée quant à elle aux « premières expositions sur l’Occupation nazie en Europe ». « Exposer la violence » [« Gewalt austellen »] revient sur six expositions majeures qui se sont tenues à Londres, Paris, Varsovie, Liberec et Bergen-Belsen entre 1945 et 1948. La précocité de ces manifestations peut surprendre, d’autant plus que certaines d’entre elles se sont tenues dès avant la fin effective du second conflit mondial à partir de matériaux accumulés clandestinement sous l’Occupation.
À propos du spectacle « Jouer l’archive, octobre-décembre 1940 » qui met en scène, devant des publics choisis dans le cadre de représentations expressément sollicitées, le verbatim d’une réunion interministérielle du 16 décembre 1940, dédiée à la mise en application du statut des Juifs du 3 octobre 1940.
Entretien avec Keti Irubetagoyena, metteuse en scène, et Marc Olivier Baruch, historien associé (entretien réalisé le 17 octobre 2025 par Claire Podetti, professeur d’histoire en collège, et Dominique Trimbur, chargé de mission à la Fondation pour la Mémoire de la Shoah)
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